De: Ahmed El Moukhtar,
A: contact@cicc-dz.net
Date : 27 Novembre 2010
Au frère Ahmed BENBITOUR
Votre visite à TIARET le vendredi 05-11-2010.
Commentaire et point de vue d'un citoyen ayant eu le privilège de figurer sur la liste des honorables Tiaretiens qui étaient venus vous recevoir.
Bien qu'il s'agit d'une visite privée vous avez bien voulu nous donner un éclairage sur la situation du pays qui selon vous doit être toujours abordée avec le plus grand sérieux, en faisant acte de patriotisme élevé en même temps qu'un sens aigu des responsabilités dans l'exercice de la citoyenneté.
Chaque jour qui passe augmente davantage les difficultés et du pouvoir et de la société à trouver des solutions à leurs problèmes respectifs et dépasser leurs contradictions.
Monsieur BENBITOUR, merci et encore merci de nous avoir concilié avec cette expression de la vérité qu'a travesti le langage politique depuis fort longtemps. Oui, le peuple algérien frustré depuis tant d'années dans son espérance saura toujours reconnaître cette expression de la vérité inspirée du font du sentiment propre et dénuée d'intention ou d'intérêts mal avoués.
Vous avez raconté l'Algérie simplement et ....justement. Vous avez redéfini le concept politique dans ses dimensions vertueuses et morales. Parce que c'est mentir au peuple et désavouer sa morale que de lui avoir banalisé tous les problèmes et lui faire croire, qu'il peut, quiconque soit-il discuter des problèmes.
Non, c'est présomptueux et même fallacieux de mener ce peuple vers une logique des passions, n'est-ce pas ces passions qui se sont accentuées en violences déraisonnées.
L'Algérie a des problèmes certes, mais dont certains ne relèvent ni de la latitude ni de la compétence de tout citoyen.
Le peuple algérien a tout simplement besoin de se reconnaître dans son éthique loin de toute surenchère entre vile démocratie d'un côté et faux rigorisme idéologique de l'autre, opposant passionnément, fanatisme, intolérance, rejet, libertinage (au nom de la démocratie) etc. etc.
Le problème dans son fond est d'élaborer une stratégie adaptée à la nature des problèmes du pays pour concilier toutes les raisons dans une logique consensuelle loin de toute passion d'absolutisme.
Selon ce que nous avons compris, c'est ce que vous proposez aux Algériens par une démarche politique (initiative citoyenne) dont l'objectif est de prendre en charge la revendication légitime de la société algérienne et proposer au pouvoir par les moyens pacifiques une alternative démocratique pour le changement.
Sa stratégie : sensibiliser, inciter les citoyens et particulièrement la jeunesse, par les moyens justement dans ce cadre organisationnel qu'est «l'initiative citoyenne» de prendre des initiatives, de s'organiser par eux-mêmes et militer pour le changement, pour la démocratie et l'ÉTAT DE DROIT.
Il s'agit là bien sur d'un travail d'explication d'analyse et de sensibilisation, par le dialogue et la concertation convaincre les deux antagonistes : le pouvoir et la société, que la voie du salut est d'aller vers le changement du système politique actuel par une alternative démocratique par les moyens pacifiques de manière graduelle, pragmatique conciliante mais irréversible.
C'est une issue efficace, sécurisante et honorable pour les deux parties, mais surtout pour l'avenir de l'Algérie.
Monsieur BENBITOUR,
Le changement est une revendication légitime de la société, les leaders politiques de l'opposition ont en fait une constante dans leurs programmes à l'exemple du F.F.S. Même le pouvoir a tenté sous la pression des contraintes internes et externes de s'ouvrir un peu à la société, les reformes de HAMROUCHE peuvent s'inscrire dans cette stratégie; le président ZEROUAL a essayé d'aller un peu plus loin dans ce sens en instituant le C.N.T (Conseil National de Transition). Avec HAMROUCHE autant qu'avec ZEROUAL nous avions nourri l'espoir de voir s'organiser une conférence nationale qui désignerait une Constituante pour gérer une période de transition et mettre en branle les mécanismes politiques et juridiques nécessaires à l'instauration de la démocratie et l'ETAT DE DROIT, par l'organisation d'élections libres etc.etc. Mais le pouvoir dans sa nature méfiant et craintif lorsqu'il fait un pas en avant il fait deux pas en arrière. C'est pratiquement à partir de cette époque que le pouvoir par incompétence et dénué de toute dialectique idéologique et politique a fini en se renfermant sur lui-même par élargir davantage le vide entre lui et la société.
Mais depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts ; l'Algérie n'est plus celle de novembre 54 ni celle de 62 ou 78, elle est celle d'aujourd'hui, de la mondialisation et du 11 septembre. Pour que la démarche de Mr BENBITOUR « initiative citoyenne » aboutisse et parvienne au changement salutaire, il faut par les moyens d'une pédagogie nouvelle de la politique parvenir à convaincre les deux parties ; le pouvoir et la société à fournir l'effort nécessaire pour dépasser leurs propres contradictions.
Le pouvoir est prisonnier de son propre système, des concepts importants ont été dénaturés et leur véritable sens déformé ce qui a déformé des mentalités pour développer une véritable culture de la politique du mensonge. Il faudrait redéfinir tous ces concepts pour réactualiser, réactiver les outils et paramètres scientifiques d'appréciation et d'analyse aussi bien des idées que des hommes.
1) en mettant l'ETAT à son service, le pouvoir s'est privé des seuls garde-fous nécessaires (les institutions de l'ETAT) pour parer aux imprévus.
2) En instituant un système rentier et clientéliste, le pouvoir est devenu amorphe et débile, il n'arrive plus à contenir des appétits devenant de plus en plus voraces et arrogants.
3) L'administration corrompue par le pouvoir au départ a fini par définir ses intérêts propres à elle que ce soit vis-à-vis du pouvoir officiel ou des cercles mafieux du marché noir ; les lois de la république sont assujetties à ces intérêts propres. (Le premier magistrat du pays a avoué l'impuissance du pouvoir à venir à bout de ce fléau qu'est la corruption).
A cette situation qui représente un danger réel pour le pays, seule une alternative démocratique impliquant le pouvoir comme protagoniste peut extirper le mal des entrailles du corps de l'ETAT. Quand au pauvre citoyen, il peut toujours dénoncer l'injustice ou porter sa colère dans la rue, personne ne l'écoutera : il n'est pas porteur immédiat de richesse.
Quand à la société, il y a d'abord cette contradiction fondamentale et naturelle d'être à la fois individuelle et collective ce qui rend quelque peu subtile de ménager le chou et la chèvre. Mais ce qui empêche la société de se développer et qui la paralyse vraiment ce n'est pas tant le pouvoir, mais ce sont ses propres contradictions (le monde n'est pas malade à cause de ceux qui font du mal mais à cause de ceux qui regardent sans rien faire). Ce sont ses propres enfants, ses intellectuels, ses lettrés, ou ces compétences nationales comme préfère les appeler Mr BENBITOUR., qui refusent de s'assumer comme tel et au lieu d'être à l'avant-garde de la société dans sa marche silencieuse préfèrent se tenir aux arrières.
Il est dit « c'est toujours à l'insu des lettrés que les masses ignorantes créent des dieux ». Alors messieurs les lettrés faites bien attention avant de tirer les marrons du feu.
Ce qu'il faut dire aux algériens et particulièrement la jeunesse nous sommes très sensibles aux sentiments de frustrations profonds que vous ressentez ; votre mère patrie l'Algérie est passée par une période très grave qui a failli l'emporter, mais grâce à Dieu elle a réussi à se redresser et reprendre vie pour ses enfants pour sa jeunesse.
Alors faites bien attention ; quelque soit l'intensité de ce sentiment de rejet, d'exclusion que vous pouvez ressentir, votre raison d'être et d'exister, vos espoirs, vos espérances votre source de vie votre mère nourricière ce sont la patrie et la révolution de Novembre 54. Ce sont la source limpide de la légitimité de votre djihad. Pour le développement et la prospérité de l'Algérie pour la démocratie et la révolution, seule garante d'une justice pour tous et l'égalité de droits et devoirs citoyens sans clivage aucun entre eux ; seule la qualité du travail accompli, des mœurs et de la morale distingue les citoyens entre-eux, tout autre critère d'appréciation quel qu'il soit n'a aucun sens.
La dynamique de développement d'une société c'est sa jeunesse; jeunesse algérienne ton engagement pour le développement et la prospérité est juste et légitime, fasse à ce qu'il soit toujours dans le sens du mouvement de l'histoire et que ta foi, tes convictions, ta bravoure autant que tes espérances soient la quintessence du mouvement national et des idéaux de novembre.
Et ainsi, soit sur que nourrie des valeurs morales nationales et civilisationelles, tu seras toujours sur le chemin de l'honneur et de la dignité pour défendre le droit de l'Algérie au développement et au progrès, ici, pas ailleurs, au sein même du processus du développement de la société, pour faire triompher la justice sur l'anarchie, le savoir sur l'ignorance et la bêtise, le bien -être sur les maladies, la misère et la mal vie, et grâce à ton génie créateur, mener l'Algérie ton pays, et pourquoi pas encore une fois sur le chemin de la gloire.
La mère PATRIE
La REVOLUTION et
La DEMOCRATIE
AU-DELA, DE TOUT CLIVAGE IDEOLOGIQUE ET POLITIQUE.
Tiaret le 25 - 11 - 2010
Ahmed El Moukhtar
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