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Par Dr Ahmed BENBITOUR
Août 2011
La Nation est en danger et le pays est à la dérive, sous l’effet de l’accumulation d’un certain nombre de maux qui s’autoalimentent mutuellement, rendant inévitables l’explosion sociale et l’installation de la violence comme seul moyen de règlement des conflits entre individus, entre groupes d’individus et entre groupes d’individus et le pouvoir.
Après étude des expériences de l’Algérie, des pays d’Amérique latine, de l’Europe du Sud (Espagne, Portugal, Grèce), de l’Europe de l’Est et de l’Asie, nous pouvons retenir trois hypothèses de travail, fiables :
- Le régime algérien travaille à sa propre destruction ; mais avec la rente, le chemin de la dérive est lent. Du fait de la lenteur de ce processus, lorsque le système se détruit, il détruit avec lui toute la société par un mélange détonnant de pauvreté, de chômage chez les jeunes, de corruption et de perte de la morale collective. La perte de la morale collective c’est une Algérie qui perd ses valeurs humanistes les plus précieuses, connaît un incivisme généralisé, intériorise la violence, la prédation et la corruption comme un mode de fonctionnement normal.
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MANIFESTE POUR UNE ALGÉRIE NOUVELLE
Par Dr Ahmed BENBITOUR
Février 2011
La Nation est en danger et le pays est à la dérive. C’est le moment d’exprimer notre solidarité avec notre jeunesse.
Face à l’impasse et au désespoir, il ne reste à la jeunesse, pour s’exprimer que la violence qui est devenue le seul moyen de règlement de conflits parmi les individus et entre les individus et l’Etat.
Cette double violence du pouvoir et de la société menace de devenir incontrôlable à tout moment.
Comme l’a montré l’expérience tunisienne, lorsque la situation devient insupportable, quand le sentiment d’injustice domine, il suffit d’incidents mineurs pour provoquer des embrasements majeurs.
Ce qui prime, aujourd’hui, c’est une prise de conscience collective de la menace sur l’avenir de l’Etat et de la Nation.
Chaque citoyen doit intérioriser très fortement, l’urgence et l’absolue nécessité du changement du système de gouvernance dans le calme et la sérénité.
Les récentes expériences algérienne, tunisienne et égyptienne, démontrent l’urgente nécessité de construire un interlocuteur valable face à un pouvoir aux abois et une jeunesse décidée à arracher sa liberté, y compris par la violence.
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Appel pour le rassemblement des forces du changement
Par Dr Ahmed BENBITOUR
Janvier 2011
Algériennes et Algériens, issus de toutes les régions du pays, de tous les milieux professionnels, de diverses tendances politiques, et tous profondément préoccupés par la dérive de notre pays, nous souhaitons à travers cet appel manifester une pleine solidarité avec notre jeunesse.
Ceux qui manifestent aujourd’hui, ont autour de vingt ans d’âge. Ils sont nés dans une décennie de sang et ont grandi dans une autre de corruption. Ils expriment leur désespoir et leur fatalisme par la violence, face à un vécu quotidien difficile et des perspectives d’avenir inquiétantes.
Lorsque la situation devient insupportable, lorsque le sentiment d’injustice domine, l’expérience montre qu’il suffit d’incidents relativement mineurs pour provoquer des embrasements majeurs. Voici malheureusement comment le pays inaugure cette décennie nouvelle.
Le pouvoir a mis l’Etat à son service. Nous le constatons aujourd’hui, l’Etat est déjà engagé dans la déliquescence, puisqu’après plusieurs jours de violence, de destruction de biens publics et privés, de blessés et de morts, aucune institution n’a été capable de réagir positivement, s’installant dans un autisme et un silence ravageurs.
L’administration a construit ses propres intérêts entre l’illusion de fidélité au pouvoir d’une part et le service payant des cercles de corruption d’autre part.
La société civile est muselée par un système qui use de l’état d’urgence, du monopole des médias lourds (TV et radios) et de tout un arsenal d’instruments répressifs apparents ou déguisés, autour de la carotte et le bâton.
Les mécontents, c'est-à-dire l’immense majorité de notre peuple, n’ont aucune confiance dans ce pouvoir. Ils ne réagiront positivement à aucun geste des autorités en place. C’est l’impasse.
Cette flambée de violence menace de devenir incontrôlable à tout moment. C’est pourquoi il est de la responsabilité citoyenne de tous les patriotes sincères, de la société civile comme de l’administration, de s’unir pour travailler au changement de notre système de gouvernance dans des conditions pacifiques.
Sans un tel changement, aucun des problèmes considérables auxquels nous sommes confrontés ne pourra être résolu alors même que les solutions existent pour engager notre pays vers un renouveau de développement et de prospérité partagée.
Le rassemblement auquel nous appelons tous nos concitoyens se fixe les objectifs immédiats suivants :
- Unifier, autour de l’amour du pays et de l’intérêt général, les forces du changement pacifique, existant au sein de la société civile et des fractions saines du pouvoir et de l’administration pour obtenir l’instauration des conditions minimales du changement pacifique : la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique avec la possibilité de créer de nouveaux partis politiques représentatifs de la population et de la jeunesse en particulier, ainsi que l’ouverture du champ médiatique.
- Promouvoir par une saine compétition politique arbitrée par le peuple lors d’élections non manipulées, l’arrivée à tous les échelons du pouvoir, d’une nouvelle génération de dirigeants politiques, compétents et honnêtes, aptes à mener un véritable programme de développement assis sur un projet démocratique et moderne et à bâtir des institutions et des mécanismes de gouvernance et de fonctionnement solides et modernes.
- Sauvegarder les ressources de l’Algérie par la constitutionnalisation de l’utilisation des recettes d’hydrocarbures et l’arrêt urgent du plan de développement 2010-2014 qui hypothèque gravement notre présent et notre avenir en organisant le pillage de la moitié de nos réserves d’hydrocarbures sans bénéfice pour le pays,
Les citoyens qui se joignent à cet appel prennent l’engagement de ne pas utiliser le combat de la jeunesse de 2011 à des fins personnelles ou idéologiques, ni d’attiser la violence entre Algériens, ou de prôner l’anarchie ou l’effondrement de l’administration ou de l’Etat. Ils s’engagent solennellement à demeurer à hauteur des enjeux et des attentes de notre peuple.
C’est le moment de penser à nos enfants et de construire l’Algérie dont ils vont hériter. Mobilisés et unis, rien ne nous sera impossible.
Vive l’Algérie, vivent les Algériens!
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Par Dr Ahmed Benbitour
Décembre
2010
Chers amis,
J’ouvre cette rubrique, sous le titre de « VOS CONTRIBUTIONS AU DEBAT », pour permettre à tous de bénéficier de vos analyses et réflexions.
Bien entendu, je ne mettrai ces contributions sur site, ouvert à tous, que lorsque vous m’aurez donné votre accord préalable.
Mes meilleurs vœux pour 2011, l’année de la mise en réseaux et des alliances stratégiques entre toutes les initiatives et toutes les forces du changement.
Ensemble, rien ne nous est impossible.
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Octobre 2010
Les partis politiques sont ils un instrument du changement ?
Des intervenants sur le site cicc et sur Face book, ont insisté sur la nécessité de créer un parti politique. Voici quelques éléments pour un débat sur cette question.
Le monde et l’Algérie connaissent des changements à une vitesse jamais égalée auparavant. Les progrès considérables réalisés dans les Nouvelles Technologies de l’Informatique et des Communications, ont permis grâce au développement de la télévision par satellites et l’Internet, une démocratisation de l’accès au savoir et à l’information.
De ce fait les citoyens algériens, particulièrement les plus jeunes, sont bien informés et possèdent des connaissances non négligeables dans tout ce qui concerne l’état réel de la Nation, par rapport aux autres nations.
Ils méritent une meilleure considération de la part des gouvernants, contrairement à ce que nous constatons et de façon notable lors des dernières campagnes électorales pour les législatives. Celles-ci se sont caractérisées par des dizaines sinon des centaines d’actions proposées par les partis. Pourtant, il s’agit de la même majorité qui est à l’Assemblée depuis trois mandats.
En effet la « coalition au service de Président » (FLN, RND, MSP) a recueilli en 1997, 287 sièges sur les 380 que contient la Chambre soit 75%. En 2002, c’étaient 284 sièges sur les 389, soit 73%. En 2007, ce sont 249 sièges sur les 389, soit 64%.
La première conclusion fondamentale est que : « le système a acquis l’art d’organiser des élections pluralistes, sans changement de majorité (entre 75 % et 64 %), par conséquent sans changement de pouvoir ». C’est d’ailleurs vrai pour les élections présidentielles.
Le faible taux de participation 35%, est un indicateur du décalage dans le niveau d’appréciation des réalités entre les gouvernants et les citoyens. Sans parler de la manière dont a été changée la Constitution !
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Septembre 2010
Les élites et la crise en Algérie
Chers amis,
Ramadhan Karim et Aïd Moubarak Saïd,
Après des vacances et un repos bien mérité, le moment est venu pour reprendre notre travail en vue de la mobilisation pacifique pour le changement du système de gouvernance.
Je vous propose un sujet de débat autour du rôle que peuvent jouer les élites dans la résolution de la crise multidimensionnelle que vit notre pays.
Je vous propose une lecture inédite, tout à fait nouvelle, de quelques événements qui ont marqué le déclenchement de la guerre de libération nationale. Il s’agit du lancement du Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), de la création du Front de Libération Nationale (FLN) et du déclenchement de la Révolution armée le 1er Novembre 1954. C’est une lecture que je fais aujourd’hui afin d’en tirer quelques leçons pour nous aider à aller de l’avant dans la recherche de solution à la situation de blocage des institutions et de panne des réformes. Je ne dis pas que c’est une lecture qui a été faite par les acteurs en 1954, mais c’est une lecture qu’on peut s’autoriser pour des fins d’analyse.
Alors, je vous invite à participer activement au débat pour sauver la Nation algérienne.
J’ouvre ce premier sujet de débat pour répondre à la question suivante: comment les élites peuvent elles jouer un rôle de premier plan dans la résolution de la crise qui vit l’Algérie, aujourd’hui ?
Commençons par la définition des concepts d’élites et de crise.
Par élites, il faut entendre : un groupe de gens dans une société, qui sont puissants et qui ont beaucoup d’influence parce qu’ils possèdent richesses et/ou savoir.
Donc, lorsque nous parlons d’élites, nous parlons de groupe de gens, de société, de puissance, d’influence, de richesse et de savoir.
Comme dans les sociétés normalement constituées, la richesse et le savoir sont les chemins les plus rapides d’accès au pouvoir, nous constatons un abus de langage en qualifiant les tenants du pouvoir, d’élites. Il se trouve que dans beaucoup des pays en développement, l’Algérie notamment, c’est le pouvoir qui mène à la richesse et non le contraire. Alors que les gens de savoir sont totalement exclus de celui-ci.
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Mars 2010
Fidèle à mon engagement je vous propose pour ce mois de Mars un thème fondamental pour toute réforme et toute tentative de redressement en Algérie : la refondation de l’école.
Ce thème vient à la suite de ceux de la refondation de l’Etat et la refondation de l’économie.
Je vous rappelle avec insistance que cette initiative est la votre : j’en suis l’initiateur, vous êtes appelés à en être les réalisateurs.
J’aimerais exprimer, à cette occasion, mes remerciements à tous ceux qui n’ont cessé de m’apporter encouragement, soutien et propositions d’amélioration de la démarche sur le fond et sur la forme.
Après quatre mois d’expérience je constate que vous avez de la difficulté à créer des CICC.
Beaucoup d’entre vous ont sollicité ma contribution pour les mettre en contact avec d’autres participants dans leur environnement immédiat.
Au moment du lancement, j’ai préféré vous laisser agir directement à votre niveau pour rechercher les personnes adéquates afin de travailler ensemble à la création de CICC. C’était aussi dans un esprit d’encouragement à l’évaluation de la pertinence de notre initiative pour un engagement collectif limité (6 à 12 personnes pour créer un CICC).
Aujourd’hui que notre initiative est connue de vous, je vous suggère, dans toute la mesure du possible, de nous indiquer la région où vous vous trouvez. Vous nous dites si vous n’avez pas d’objection à ce que nous puissions communiquer votre adresse électronique à ceux qui cherchent des partenaires dans leur proximité pour créer un CICC.
Vous trouverez une synthèse et le texte du thème de ce mois sur le site www.cicc-dz.net .
J’attends vos remarques et suggestions sur un thème fondamental pour l’avenir de notre Nation.
Je vous invite à lui accorder le maximum d’attention et d’en discuter avec le maximum de personnes surtout les enseignants, les parents d’élèves et les élèves.
Ensemble rien ne nous sera impossibl.
Dr Ahmed Benbitour
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Février 2010
Voilà deux mois que notre initiative de mobilisation citoyenne pour le changement pacifique a été lancée. Cet intervalle peut sembler très court, il est, pourtant, déjà riche d’enseignements.
Cette initiative est devenue la vôtre. J’en suis l’initiateur, vous êtes appelés à en être les réalisateurs. Vous avez été très nombreux à réagir sur le site CCIC pour faire des propositions concernant notamment la stratégie à mener. C’est en tenant compte de vos remarques que j’ai rédigé un document de synthèse sur la stratégie que je propose d’adopter. Je souhaiterais remercier les participants au débat initié en Janvier sur la refondation de l'État et enfin, je voudrais ici particulièrement saluer et remercier les plus décidés et volontaires d’entre vous qui auront lancé des cercles d’initiative citoyenne pour le changement (cicc).
La « Priorité à la Une » est un espace ouvert de débat et de participation, en vue de l’élaboration d’un modèle de développement capable de sortir l’Algérie de sa crise par le changement pacifique du système de gouvernance.
Désormais, une fois par mois, une plate-forme de réflexion autour d’un thème majeur pour notre avenir sera mise à la disposition de tous nos concitoyens sur notre site Internet. Ces textes ne sont pas des documents fermés et imposés, mais les points de départ d’une réflexion collective sur l’Algérie dans laquelle nous voulons vivre, de même que l’élaboration d’un programme de changement pour y parvenir.
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